Nord-Kivu, RDC — Dans la Zone de santé de Mweso, la Dynamique Paysanne Féminine (DPF) accompagne les producteurs pour mieux protéger leurs cultures. Elle mène cette action en partenariat avec la FAO, grâce au financement du Fonds Humanitaire en RDC (FHRDC). Cette activité s’inscrit dans le projet OSRO/DRC/126/CHA, intitulé « Assistance vitale en sécurité alimentaire d’urgence en faveur des ménages vulnérables dans les zones de santé prioritaires de l’Est de la République démocratique du Congo ». Le projet vise notamment à renforcer la protection des cultures.
Après l’appui en semences et en outils agricoles, la DPF poursuit son accompagnement technique auprès des producteurs. Elle les aide à mieux protéger leurs cultures et à réduire les pertes liées aux ravageurs et à certaines maladies.
Les producteurs apprennent à fabriquer des biopesticides à base de plantes locales. Ces solutions utilisent des ressources disponibles dans leur environnement et répondent aux réalités de leurs exploitations.
Cette activité complète ainsi l’appui apporté à 8 999 ménages vulnérables pour renforcer leur sécurité alimentaire et leurs moyens d’existence. Elle vise notamment à réduire les pertes agricoles et à aider les producteurs à préserver une plus grande partie de leur production.
Des communautés fragilisées par des années de conflits
Dans la Zone de santé de Mweso, les conflits et les déplacements répétés ont fragilisé les moyens d’existence des ménages.
Pour de nombreux petits producteurs, cette fragilisation des moyens d’existence limite la capacité à investir dans les activités agricoles et à acheter régulièrement certains produits nécessaires à la protection des cultures. Dans ce contexte, des solutions préparées à partir de ressources disponibles localement peuvent représenter une option plus accessible.
Dans ce contexte, les producteurs peuvent préparer localement des solutions pratiques pour faire face à certaines difficultés dans leurs champs.


Protéger la production jusqu’à la récolte
Pour les ménages qui dépendent de l’agriculture pour leur alimentation et leurs moyens d’existence, disposer de semences ne suffit pas. Les cultures doivent également être entretenues et protégées jusqu’à la récolte.
Les attaques de ravageurs et certaines maladies peuvent en effet compromettre une partie de la production attendue.
L’accompagnement de la DPF vise ainsi à renforcer les capacités des producteurs à prévenir et gérer certains problèmes qui peuvent affecter leurs cultures, avec des moyens qu’ils peuvent trouver dans leur environnement.
L’enjeu est donc plus large qu’une simple formation : il s’agit d’aider les producteurs à réduire les pertes et à préserver le fruit de leur travail agricole.
Des plantes locales accessibles aux producteurs pour la protection des cultures
Les séances pratiques s’appuient sur plusieurs plantes et ingrédients disponibles dans les communautés rurales, notamment Tithonia diversifolia, Tephrosia vogelii, les feuilles de papayer, la citronnelle, le piment fort, l’ail et l’oignon, ainsi que le savon utilisé selon les préparations.
Certaines de ces plantes poussent directement dans les champs ou dans l’environnement local. Les ingrédients à acheter restent aussi accessibles aux ménages agricoles.
Cette disponibilité constitue un avantage important pour les petits producteurs, qui peuvent ainsi disposer de matières premières sans dépendre systématiquement de produits qu’ils doivent rechercher et acheter à l’extérieur.


Apprendre en faisant, directement dans les champs
L’accompagnement est essentiellement pratique. Les agronomes de terrain de la DPF travaillent directement avec les groupes de producteurs sur leurs sites de production.
Les participants prennent part aux différentes étapes de préparation, notamment le broyage ou le pilage des plantes, la macération, la filtration et la préparation des mélanges, selon les produits utilisés.
Cette manière d’apprendre permet aux producteurs de voir et de réaliser eux-mêmes les différentes étapes, afin de pouvoir ensuite reproduire les préparations dans leurs propres exploitations.
Une solution pensée pour être reproduite localement
L’un des intérêts de cette approche est sa praticabilité. Les techniques présentées ne reposent pas sur des équipements sophistiqués. Elles utilisent principalement des ressources que les producteurs peuvent rechercher dans leur propre environnement et des procédés qu’ils peuvent reproduire avec des moyens simples.
L’objectif est que les connaissances acquises puissent être utilisées dans les champs des bénéficiaires, en fonction des problèmes rencontrés au cours du cycle de production. Les producteurs peuvent également partager ces pratiques au sein de leurs groupes et de leurs communautés.
Cette disponibilité constitue un avantage important pour les petits producteurs, qui peuvent ainsi disposer de matières premières sans dépendre systématiquement de produits qu’ils doivent rechercher et acheter à l’extérieur.


Réduire les pertes liées aux ravageurs et aux maladies
La protection des cultures aide les ménages à tirer pleinement profit de leurs efforts agricoles.
Les producteurs disposent de solutions locales pour gérer certains ravageurs et certaines maladies. Ces options leur permettent de mieux faire face aux attaques qui peuvent endommager leurs cultures.
Une partie de la production préservée peut contribuer à l’alimentation du ménage. Lorsque les récoltes sont suffisantes, elle peut aussi soutenir ses moyens d’existence.
Cette démarche complète l’appui en semences et en outils du projet OSRO/DRC/126/CHA. Le projet ne se limite pas à fournir des intrants aux producteurs. Il les aide aussi à protéger les cultures qu’ils mettent en place.


Une approche complémentaire pour une agriculture plus durable
La fabrication de biopesticides à partir de plantes locales constitue également une option complémentaire dans la protection des cultures.
Ces préparations ne constituent pas une solution unique aux problèmes phytosanitaires. Elles offrent aux producteurs des options accessibles et adaptées à leur contexte. Ils peuvent ainsi mieux gérer certains ravageurs et certaines maladies.
Cette approche valorise aussi les ressources végétales disponibles localement. Elle encourage des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement.
Pour les communautés rurales, l’enjeu reste concret : produire, protéger les cultures et conserver une plus grande part de la production.



