Dynamique Paysanne Féminine (DPF)

Production agricole: Semence

Dans la Zone de santé de Mweso, 8 999 ménages relancent leur production agricole pour renforcer leur sécurité alimentaire

Dans la Zone de santé de Mweso, au Nord-Kivu, 8 999 ménages vulnérables ont bénéficié, du 13 au 21 août 2026, d’une distribution d’intrants agricoles mise en œuvre par la Dynamique Paysanne Féminine (DPF), en partenariat avec la FAO, sous financement du Fonds Humanitaire en RDC dans le cadre de la production alimentaire.

Cette deuxième phase d’assistance vise à permettre aux familles de reprendre leurs activités agricoles, d’améliorer leur alimentation et de renforcer progressivement leurs moyens d’existence dans un contexte où l’accès aux intrants reste difficile.

Une intervention déployée dans cinq aires de santé

L’activité a couvert cinq aires de santé de la Zone de santé de Mweso : Mwanja, Burungu, Kibarizo, Mokoto et CBCA-Kitshanga.

Dans ces communautés où l’agriculture constitue une source essentielle de nourriture et de revenus, l’accès aux semences et aux outils représente un soutien concret pour les ménages qui cherchent à relancer leur production.

L’intervention a ainsi pris en compte les besoins des familles et leur capacité à reprendre progressivement la production dans leurs propres champs et jardins.

Vue d’ensemble du site de distribution de Mwanja dans la Zone de santé de Mweso
Vue d’ensemble du site de distribution de Mwanja dans la Zone de santé de Mweso

Des intrants adaptés aux besoins des ménages

Chaque ménage bénéficiaire a reçu un ensemble d’intrants comprenant des semences de haricot, de maïs, de soja et d’oignon, des boutures de patate douce ainsi qu’une houe.

Ces intrants permettent aux familles de disposer à la fois de cultures vivrières destinées à l’alimentation et de cultures pouvant contribuer à diversifier leur production.

Au-delà de la remise des intrants, l’objectif est de donner aux ménages les moyens de redevenir progressivement acteurs de leur propre sécurité alimentaire.

« Ces semences de haricot, de maïs et de soja, ainsi que la houe que j’ai reçues, vont me permettre de reprendre mes activités agricoles. Elles me donnent les moyens de travailler et de produire pour nourrir ma famille et améliorer progressivement notre alimentation. »

Muhawe Zabayo Yozefina, bénéficiaire et personne vivant avec handicap, Zone de santé de Mweso

Présentation des intrants et remise du kit à une bénéficiaire du projet
Présentation des intrants et remise du kit à une bénéficiaire du projet

Une distribution organisée et inclusive

Les équipes de DPF, la FAO, les autorités locales et les représentants communautaires ont organisé la distribution en étroite collaboration.

Les équipes ont également veillé à faciliter l’accès à l’assistance des personnes ayant des besoins spécifiques, notamment les personnes vivant avec un handicap, les personnes âgées et d’autres personnes vulnérables, dans des conditions dignes et adaptées.

Malgré quelques contraintes logistiques ayant occasionné des ajustements dans le calendrier, les équipes ont poursuivi les opérations jusqu’à atteindre la couverture prévue des 8 999 ménages vulnérables ciblés.

IDEA et l’émargement physique pour renforcer la traçabilité

La sécurisation du processus a reposé sur plusieurs mécanismes complémentaires.

Les équipes ont utilisé l’outil numérique IDEA pour vérifier et assurer la traçabilité des bénéficiaires, tandis que l’émargement physique a permis de documenter la réception effective de l’assistance.

L’utilisation complémentaire de ces deux mécanismes contribue à renforcer la transparence de la distribution et à réduire les risques de double enregistrement.

Sur les différents sites, les équipes ont également veillé au contrôle des cartes ou jetons, à l’organisation des files d’attente et au respect des mesures d’hygiène.

Vérification et validation numérique des bénéficiaires
Vérification et validation numérique des bénéficiaires

Informer et protéger les communautés

La distribution a également été accompagnée de séances régulières de sensibilisation.

À l’aide d’un dispositif audio portable diffusant des messages en français, kiswahili et kinyarwanda, les communautés ont reçu des informations sur la Prévention de l’Exploitation et des Abus Sexuels (PSEA), la prévention de la Maladie à Virus Ébola (MVE) et les mécanismes disponibles pour faire remonter les plaintes ou préoccupations.

Ces messages sont intégrés aux activités actuelles et doivent continuer à être rappelés lors des prochaines séances afin de favoriser une meilleure appropriation par les communautés.

Dans plusieurs endroits, certains agriculteurs commencent déjà à adopter des pratiques visant à réduire les risques liés à la MVE, tandis que la sensibilisation se poursuit.

Au total, 59 plaintes mineures, principalement liées à des questions administratives concernant les jetons ou les informations d’enregistrement, ont été prises en charge sur les sites.

Les communautés écoutent les messages de sensibilisation diffusés par le dispositif audio
Les communautés écoutent les messages de sensibilisation diffusés par le dispositif audio

Des premiers résultats déjà visibles dans les jardins

L’assistance ne s’arrête pas à la distribution des semences. Les équipes de DPF assurent également un accompagnement technique des groupes de producteurs afin de renforcer les bonnes pratiques agricoles : préparation des terrains, installation des pépinières, semis, paillage, suivi de la levée, repiquage et entretien des cultures.

Les visites réalisées par les équipes de la FAO dans certaines pépinières ont permis de constater des résultats encourageants et de formuler des recommandations pour améliorer davantage les pratiques.

Vue de la pépinière des cultures maraîchères de Muhanga
Vue de la pépinière des cultures maraîchères de Muhanga
Équipe FAO en visite à une parcelle de choux.
Équipe FAO en visite à une parcelle de choux.

Une production maraîchère qui commence à profiter aux familles

Dans plusieurs jardins, les résultats du travail réalisé avec les groupes de producteurs sont déjà visibles.

L’amarante, notamment, est arrivée au stade de récolte dans certains jardins. Des familles ont commencé à la consommer et à vendre une partie de leur production pour se procurer de petits produits essentiels du ménage, notamment du sel ou de l’huile de cuisson.

Cette première expérience montre comment une petite production maraîchère peut contribuer simultanément à l’alimentation du ménage et à la satisfaction de certains besoins quotidiens.

Les autres cultures poursuivent leur développement. Les plants de chou continuent leur croissance et commencent à former leurs pommes, tandis que les boutures de patate douce développent de nouvelles feuilles.

Récolte d’amarante à Mokoto
Love Gakuru, une femme bénéficiaire récolte les amarantes à Coté de maison dans le village de Butale, Aire de santé de Mokoto

Des cultures qui contribuent aussi à diversifier l’alimentation

La diversité des cultures distribuées présente également un intérêt sur le plan nutritionnel.

Le haricot constitue notamment une source intéressante de protéines végétales, de fer, de folates et de fibres. Le soja, particulièrement riche en protéines, peut également contribuer à diversifier les sources de protéines disponibles dans l’alimentation familiale.

Le maïs, largement consommé dans les ménages, constitue pour sa part une importante source d’énergie alimentaire et vient compléter les autres cultures du kit.

La patate douce à chair orange, notamment la variété Vandley utilisée dans l’accompagnement agricole, présente un intérêt nutritionnel particulier en raison de sa richesse en bêta-carotène, un précurseur de la vitamine A. La vitamine A joue notamment un rôle important pour la vision et le bon fonctionnement de l’organisme.

Ainsi, l’association de plusieurs cultures permet de ne pas réduire l’assistance à la seule disponibilité alimentaire, mais de favoriser une plus grande diversité des aliments produits par les ménages.

« Je vais cultiver le maïs pour pouvoir préparer de la bouillie pour mes enfants. Les haricots nous permettront également d’avoir de la nourriture à la maison. Quant au soja, après la récolte, je compte le transformer en farine pour préparer de la bouillie pour moi et mes enfants. »

Ntahoritaba Febora, bénéficiaire et relais communautaire dans l’aire de santé de Kibarizo, Zone de santé de Mweso

Des cultures vivrières qui poursuivent leur développement

Dans les parcelles suivies par les équipes agricoles, les cultures vivrières évoluent également de manière encourageante.

Les plants de patate douce poursuivent leur croissance avec l’apparition de nouvelles feuilles. Les cultures de maïs, de haricot et de soja poursuivent leur développement dans les champs des bénéficiaires.

Ces cultures représentent un investissement pour les prochains mois, avec l’objectif de permettre aux ménages de disposer de leur propre production et de réduire progressivement leur dépendance à l’aide alimentaire.

Parcelle de choux en pleine croissance à Burungu
Parcelle de choux en pleine croissance dans l’aire de santé de Burungu

Des premiers effets sur l’alimentation et les moyens d’existence

Pour les ménages bénéficiaires, les changements commencent donc à se manifester à plusieurs niveaux.

La disponibilité des semences et des outils permet de reprendre ou de renforcer les activités agricoles. Les premières récoltes maraîchères contribuent déjà à l’alimentation de certaines familles et, dans quelques cas, à la satisfaction de petits besoins grâce à la vente d’une partie de la production.

À plus long terme, les cultures vivrières en cours de développement devraient permettre aux ménages de disposer de nouvelles récoltes, tandis que les pratiques agricoles acquises avec l’accompagnement technique pourront être réutilisées au-delà de cette intervention.

Une assistance qui prépare l’avenir

À travers cette intervention, l’appui ne se limite donc pas à la distribution d’intrants.

Il s’agit de donner aux ménages vulnérables des moyens concrets pour reprendre leur production, diversifier leur alimentation et renforcer progressivement leurs capacités à faire face aux difficultés.

Dans la Zone de santé de Mweso, les premiers résultats observés dans les jardins et les champs constituent déjà des signes encourageants. La poursuite de l’accompagnement technique, de la sensibilisation et du suivi des cultures sera déterminante pour consolider ces acquis.

« Je vais cultiver les semences de maïs pour produire de la nourriture pour ma famille. La houe que j’ai reçue est également très importante pour moi, car elle me donne les moyens de travailler dans mon champ.

Nous sommes heureux de cette assistance. Elle nous aide à reprendre nos activités et à faire face aux difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Nous étions par terre, mais ces assistances nous relèvent. »

Bavakure Jacqueline, bénéficiaire, cultivatrice et membre d’un groupe solidaire agricole, Zone de santé de Mweso

Un partenariat au service des communautés

Cette intervention est mise en œuvre par la Dynamique Paysanne Féminine (DPF) en partenariat avec la FAO, sous financement du Fonds Humanitaire en RDC, dans le cadre du projet OSRO/DRC/126/CHA.

À travers ce partenariat, l’objectif reste de rapprocher une assistance agricole adaptée des ménages vulnérables et de contribuer durablement à la sécurité alimentaire et aux moyens d’existence des communautés de la Zone de santé de Mweso.

Des semences aujourd’hui, pour des moyens d’existence plus solides demain.

Retour en haut