Bweremana, Nord-Kivu – 16 juillet 2026. Face aux défis persistants liés à la malnutrition dans la zone de santé de Kirotshe, la Dynamique Paysanne Féminine (DPF) a organisé une séance de sensibilisation sur les bonnes pratiques nutritionnelles. L’activité s’est poursuivie par une démonstration culinaire participative au Centre de Santé de Référence de Bweremana.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet intégré Sécurité Alimentaire, Nutrition et Protection de l’Enfant dans la Zone de Santé de Kirotshe. Elle vise à renforcer les connaissances des ménages sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Elle encourage également une alimentation équilibrée chez les femmes enceintes et allaitantes tout en valorisant les aliments disponibles localement.
Au total, 120 personnes ont participé à cette activité. Parmi elles figuraient 30 femmes enceintes, 40 femmes allaitantes, 20 enfants âgés de 6 à 9 mois, 10 adolescentes de 15 à 20 ans, 6 infirmiers stagiaires, 4 hommes et 10 gardes-malades. La mobilisation a dépassé les prévisions grâce à la participation spontanée d’accompagnants, de gardes-malades et d’autres membres de la communauté présents au centre de santé.

Les bonnes pratiques nutritionnelles au cœur de la prévention
Dans la zone de santé de Kirotshe, les déplacements de populations, la perte des moyens d’existence et les difficultés d’accès à une alimentation diversifiée fragilisent les ménages. Les enfants de moins de cinq ans ainsi que les femmes enceintes et allaitantes restent les plus exposés à la malnutrition.
À travers ses interventions en sécurité alimentaire, nutrition, santé, protection de l’enfant, autonomisation économique des femmes et développement communautaire, la DPF accompagne les communautés. L’organisation renforce leurs capacités et encourage l’adoption de bonnes pratiques nutritionnelles pour améliorer durablement leur état nutritionnel.
Sensibiliser les communautés aux bonnes pratiques nutritionnelles

Monsieur Fiston Selemani, nutritionniste du projet, a animé la séance de sensibilisation. Les échanges ont porté sur plusieurs recommandations essentielles :
- adopter une alimentation variée et équilibrée ;
- pratiquer l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois ;
- introduire une alimentation complémentaire adaptée dès l’âge de six mois tout en poursuivant l’allaitement ;
- respecter les règles d’hygiène alimentaire ;
- utiliser les aliments produits localement pour améliorer la qualité nutritionnelle des repas.
La séance a favorisé les échanges entre les participantes. Les femmes ont partagé leurs expériences et posé des questions sur les difficultés rencontrées dans l’alimentation de leurs enfants. Les réponses apportées ont tenu compte de leur contexte de vie.
Une démonstration culinaire pour mettre en pratique les bonnes pratiques nutritionnelles

Après la sensibilisation, les participantes ont préparé une bouillie enrichie destinée aux enfants de plus de six mois ainsi qu’aux femmes enceintes et allaitantes.
Sous la supervision du nutritionniste, elles ont appris à préparer un prémélange composé de :
- trois mesures de farine de maïs ;
- trois mesures de farine de sorgho ;
- deux mesures de farine de soja ;
- du sucre selon les besoins.
Pour la préparation, un verre du prémélange est mélangé à quatre verres d’eau.
Avant toute manipulation, les participantes se sont lavé les mains à l’eau propre et au savon. Ce rappel a souligné l’importance de l’hygiène dans la prévention des maladies et de la malnutrition.
Les participantes ont ensuite préparé la bouillie en respectant les différentes étapes de cuisson. Le nutritionniste a expliqué que l’association des céréales et des légumineuses améliore l’apport en énergie et en protéines. Cette préparation reste accessible grâce à l’utilisation d’aliments disponibles localement.

Une dégustation ouverte à la communauté
À la fin de la démonstration, les participants ont dégusté la bouillie enrichie. Les équipes ont également partagé cette préparation avec les patients hospitalisés, les gardes-malades, les accompagnants et les visiteurs du Centre de Santé de Référence de Bweremana.
Cette dégustation a constitué un moment supplémentaire de sensibilisation communautaire. Elle a permis de faire découvrir une préparation simple, nutritive et facilement reproductible dans les ménages.
Les participantes s’engagent à appliquer les bonnes pratiques nutritionnelles
Les femmes enceintes et allaitantes ont salué les connaissances acquises au cours de cette activité. Plusieurs participantes ont indiqué qu’elles utiliseront désormais les aliments disponibles dans leurs communautés pour préparer des repas plus nutritifs.
Selon Irenge Kashengula, nutritionniste au Centre de Santé de Référence de Bweremana :
« Une alimentation équilibrée peut être préparée à partir des ressources disponibles dans nos communautés. Lorsqu’elle est correctement composée et préparée dans de bonnes conditions d’hygiène, cette bouillie enrichie constitue un aliment complémentaire de qualité pour les enfants de plus de six mois et un apport nutritionnel important pour les femmes enceintes et allaitantes. L’adoption de ces bonnes pratiques contribue à prévenir les différentes formes de malnutrition. »
Parmi les participantes, Madame Nyanchira Kakekamundu Faida a partagé son engagement :
« Cette formation nous montre qu’il est possible d’améliorer l’alimentation de nos enfants avec des aliments que nous connaissons déjà. Je remercie sincèrement la DPF pour cet accompagnement. Je préparerai cette bouillie à la maison et je partagerai ces connaissances avec d’autres femmes de notre communauté. »

Renforcer la prévention de la malnutrition
Au cours de la séance, une mère est arrivée avec ses quatre enfants. Les préoccupations exprimées concernant leur état nutritionnel ont rappelé l’importance du dépistage précoce, du suivi nutritionnel et de l’orientation rapide vers les services de santé.
Très émue, cette mère a remercié les équipes de la DPF pour les conseils reçus. Elle a également exprimé sa volonté d’appliquer les recommandations afin d’améliorer progressivement l’alimentation de ses enfants.
Cette situation illustre la nécessité de poursuivre les actions communautaires de prévention, de sensibilisation et de référencement des personnes nécessitant une prise en charge nutritionnelle.
La DPF poursuit son engagement pour promouvoir les bonnes pratiques nutritionnelles
La séance s’est achevée dans une ambiance conviviale. Les participantes ont échangé leurs expériences, renforcé leurs connaissances et exprimé leur volonté de devenir des relais communautaires des bonnes pratiques nutritionnelles.
À travers cette activité, la Dynamique Paysanne Féminine (DPF) confirme son engagement en faveur de la prévention de la malnutrition. L’organisation renforce les capacités des ménages, valorise les aliments locaux et encourage des pratiques nutritionnelles conformes aux recommandations de santé publique.
En développant les compétences des familles pour préparer une alimentation équilibrée avec les ressources disponibles localement, la DPF contribue à améliorer durablement la santé des enfants, des femmes enceintes et allaitantes ainsi que le bien-être des communautés de la zone de santé de Kirotshe.

