Masisi, Nord-Kivu (RDC) – Dans les hauts plateaux verdoyants du territoire de Masisi, où l’agriculture constitue la principale source de revenus et d’alimentation pour la grande majorité des ménages, les crises successives ont profondément fragilisé les moyens d’existence des communautés rurales. Les déplacements de populations, l’insécurité et la perte des moyens de production ont limité l’accès des familles aux semences de qualité et aux outils agricoles, réduisant leur capacité à produire suffisamment pour répondre à leurs besoins alimentaires dans la zone de santé de Mweso.
Afin de soutenir le relèvement des communautés les plus vulnérables, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), avec le financement du Fonds Humanitaire en République démocratique du Congo (FH-RDC), a mis en œuvre le projet OSRO/DRC/126/CHA, avec la Dynamique Paysanne Féminine (DPF) comme partaire d’éxecution. Cette intervention visait à restaurer les capacités de production agricole des ménages vulnérables dans la zs de Mweso, à renforcer leur sécurité alimentaire et à améliorer durablement leur résilience face aux crises.
En bref
| Zone d’intervention | Zone de santé de Mweso, territoire de Masisi, province du Nord-Kivu (RDC) |
| Ménages bénéficiaires | 8 999 ménages vulnérables |
| Aires de santé couvertes | Burungu, Mwanja, Kibarizo, Mokoto et CEBCA Kitshanga |
| Semences distribuées (maraichères) | Chou, carotte, amarante, gombo et oignon |
| Outils arratoirs | Houes, râteaux, pelles, arrosoirs, ainsi que des brouettes et pulvérisateurs selon les modalités du projet |
| Partenaire financier | Fonds Humanitaire en République démocratique du Congo (FH-RDC) |
| Partenaire d’éxecution | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) |
| Mise en œuvre (partenaire technique) | Dynamique Paysanne Féminine (DPF) |
Une intervention au cœur d’une zone à fort potentiel agricole
Située dans la chefferie de Bashali, à cheval sur les groupements de Bashali Mokoto et de Bashali Kahembe, la zone de santé de Mweso bénéficie d’un relief montagneux et d’un climat tempéré de haute altitude, offrant des conditions particulièrement favorables à la production agricole. À Mokoto, par exemple, certaines zones culminent à plus de 1 700 mètres d’altitude, créant un environnement propice aux cultures maraîchères.
Dans cette région, où plus de 95 % de la population dépend de l’agriculture pour assurer sa subsistance, les perturbations liées aux crises successives ont fortement affecté les capacités de production des ménages. La perte des semences, des outils agricoles et les déplacements répétés ont entraîné une diminution des superficies cultivées et de la diversité alimentaire, compromettant les moyens d’existence de nombreuses familles.
Pour répondre à ces défis, le projet a privilégié la distribution de semences maraîchères adaptées aux conditions agroécologiques locales — chou, carotte, amarante, gombo et oignon — accompagnées d’outils agricoles essentiels tels que des houes, bêches, pelles, râteaux et arrosoirs. Cette combinaison vise non seulement à relancer rapidement la production, mais également à améliorer la qualité nutritionnelle des ménages de la zs Mweso en générale grâce à une plus grande disponibilité de légumes riches en vitamines et en micronutriments.
Au-delà de l’assistance immédiate, cette approche contribue à renforcer les capacités des communautés à produire durablement, à diversifier leurs sources de revenus et à accroître leur résilience face aux chocs futurs.
Une préparation participative au service des communautés
Le succès d’une intervention humanitaire repose autant sur la qualité de son organisation que sur l’implication des communautés concernées. Consciente de cet enjeu, la Dynamique Paysanne Féminine, en étroite collaboration avec les équipes de la FAO, les autorités administratives et les cadres de base (les chefs de villages et chef des quartiers) ciblés dans la zone de santé de Mweso, a engagé plusieurs jours avant le lancement des activités un important travail de préparation sur chacun des sites de distribution.
Les mobilisateurs communautaires avec l’appui technique du chargé de protection ont procédé à l’inspection des espaces devant accueillir les bénéficiaires (sites de distribution) afin de garantir leur accessibilité, la sécurité et leur capacité d’accueil en tenant compte de réglementations sanitaires. Parallèlement, les cartes individuelles de bénéficiaires étaient distribuées pour faciliter leur identification le jour de la remise des kits.
Dans un souci de transparence et de redevabilité, les listes définitives ont ensuite été affichées publiquement sur chaque site avant le début des opérations.
Les préparatifs ont également porté sur l’organisation logistique de l’intervention. Les intrants agricoles ont été acheminés progressivement vers les différents sites de distribution avant d’être soigneusement entreposés et organisés selon un circuit facilitant le déroulement des opérations. Les équipes de la DPF et de la FAO ont aménagé les espaces de travail, installé les différents postes de distribution et organisé les flux de circulation afin de garantir une assistance ordonnée, efficace et respectueuse de la dignité des bénéficiaires.
Cette préparation minutieuse, conduite avec la participation active des autorités locales et des communautés, a constitué l’un des principaux facteurs ayant contribué au bon déroulement de l’ensemble de l’opération.

Une assistance humanitaire mise en œuvre dans le respect de la dignité des bénéficiaires
Au-delà de la distribution d’intrants agricoles dans la zs de Mweso, c’est dans le strict respect des principes humanitaires que la DPF a conduit cette activité, en accordant une attention particulière à la protection des bénéficiaires, à la redevabilité envers les communautés et à la prévention des risques sanitaires.
Au début de chaque journée de distribution, les équipes de la Dynamique Paysanne Féminine animaient des séances de sensibilisation sur la Prévention de l’Exploitation et des Abus Sexuels (PSEA), la lutte contre la fraude et la corruption, les mécanismes de retour d’informations. Les bénéficiaires ont compris leurs droits, le caractère gratuit de l’assistance humanitaire ainsi que le mécanisme de gestion des plaintes mis à leur disposition en cas de comportement inapproprié.
Au vu du contexte actuel, la DPF a organisé des séances de sensibilisation sur les mesures de prévention contre la Maladie à Virus Ébola (MVE) mises en places (lavage régulier des mains avec du savon, prélevement de la température corporelle, port de cache-nez, référencement des cas suspects) afin de réduire les risques de transmission lors des rassemblements.
Ces séances ont favorisé une participation active des communautés et ont contribué à instaurer un climat de confiance tout au long de l’intervention.


Un processus de distribution transparent, sécurisé et efficace
Afin de garantir une assistance équitable, chaque bénéficiaire suivait un parcours clairement défini dès son arrivée sur le site de distribution.
Le circuit débutait par un poste de lavage des mains équipé d’eau propre et de savon, prélèvement de la température, suivi de la vérification du port correct du cache-nez. Les équipes procédaient ensuite au contrôle de conformité des pièces d’identification (carte de bénéficiaireet pièce d’identité).
Dans les situations exceptionnelles où le bénéficiaire ne pouvait pas se présenter personnellement — notamment en raison d’une hospitalisation, d’un accouchement ou d’autres contraintes majeures — la remise du kit était autorisée uniquement après vérification des documents justificatifs et validation par les autorités locales ou les cadres de base. Cette procédure a permis de préserver à la fois l’intégrité du processus et les droits des ménages concernés.
Les bénéficiaires étaient ensuite enregistrés à travers un système d’émargement électronique complété par un registre manuel. Lorsque cela s’avérait nécessaire, une capture de la carte de bénéficiaire était également réalisée afin de renforcer la traçabilité des opérations.
Le parcours se poursuivait par la remise des kits d’intrants agricoles (semences maraîchères et outils aratoirs). Une sortie distincte permettait enfin de fluidifier la circulation des bénéficiaires et d’éviter les attroupements.
Grâce à cette organisation, les opérations se sont déroulées de manière fluide, ordonnée et sans incident majeur sur l’ensemble des sites de distribution.

Une collaboration exemplaire entre la FAO, la DPF et les communautés
La réussite de cette intervention repose sur la complémentarité entre les équipes de la FAO, de la Dynamique Paysanne Féminine, les autorités locales et les communautés.
Les équipes de la DPF ont assuré la mobilisation communautaire, l’accueil des bénéficiaires, l’organisation des sites, la sensibilisation, la distribution des kits, l’emargement électronique par le logiciel IDEA.
Au-delà de leur rôle de supervision, les équipes de la FAO ont, quant à elles, apporté un accompagnement technique continu tout au long de l’opération et ont appuyé la gestion des plaintes.
Cette collaboration permanente, fondée sur la confiance, le respect mutuel et un objectif commun de service aux communautés, a permis d’assurer une mise en œuvre efficace de l’intervention dans un climat de solidarité et de sérénité.
Des communautés qui retrouvent confiance et espoir
Au-delà des chiffres, cette intervention a permis à des milliers de ménages de retrouver les moyens de relancer leurs activités agricoles et ainsi améliorer et stabiliser leurs moyens d’existence.
Dans les aires de santé couvertes par le projet, les bénéficiaires ont confirmé que les semences et les outils reçus contribueront à améliorer la production agricole, à diversifier l’alimentation et à renforcer progressivement leurs moyens d’existence.
Les témoignages recueillis illustrent l’impact concret de cette assistance sur les communautés. « … nous exprimons notre gratitude à la FAO et son partenaire DPF pour la mise à disposition de ces outils agricoles qui vont renforcer notre capacité de production. Grâce à cet appui, nous pourrons cultiver davantage de légumes et contribuer à améliorer l’alimentation de nos familles, en particulier celle de nos enfants. Nous vous remercions sincèrement pour cette précieuse assistance.»
— Bazamanza Mbanga Valentin, bénéficiaire et responsable des relais communautaires de l’aire de santé de Kibarizo.
À Mokoto, Faida Dusabe, bénéficiaire vivant avec un handicap physique, a également exprimé sa gratitude : « La FAO vient de nous donner des houes, des bêches ainsi que des semences d’oignon et de chou… Ces outils permettront à mes enfants de cultiver plus facilement. Merci beaucoup pour cette aide que Dieu vous bénisse.»

Pour Ntahoritaba Febora, relais communautaire de l’aire de santé de Kibarizo, cette intervention représente une véritable opportunité de relancer durablement la production agricole familiale. « Nous avons reçu des houes, des bêches, des pelles, des arrosoirs ainsi que des semences de chou, d’oignon, de gombo, d’amarante et de carotte. Ces intrants nous permettront de reprendre nos activités agricoles, de produire davantage et de mieux nourrir nos familles. »
Les responsables des groupes solidaires des différentes aires de santé ont également salué une assistance en brouettes et en pulvérisateurs, répondant ainsi à un besoin réel des communautés.
Un investissement durable pour la sécurité alimentaire et la résilience dans la zone de santé de Mweso
À travers cette intervention, la DPF, avec l’appui de la FAO sous financement du Fonds Humanitaire en République démocratique du Congo, a contribué à restaurer les capacités de production de 8 999 ménages vulnérables dans la zone de santé de Mweso principalement dans les aires de santé de Burungu, Mwanja, Kibarizo, Mokoto et CEBCA Kitshanga.
Au-delà de la remise des intrants agricoles, le projet renforce les moyens d’existence des ménages en favorisant la reprise de la production maraîchère, l’amélioration de la diversité alimentaire, la prévention de la malnutrition et la création d’opportunités de revenus grâce à la commercialisation des excédents de production.
Cette intervention illustre l’importance d’une action humanitaire qui associe assistance immédiate, protection des populations, participation communautaire et relèvement précoce. En investissant dans les capacités des producteurs agricoles locaux, la DPF et la FAO contribuent à bâtir des communautés plus résilientes, capables de faire face aux crises tout en préparant durablement leur avenir.



